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Un agriculteur de Revel, lance la collecte de la dernière chance

Ludovic Marty, 26 ans, éleveur de vaches allaitantes près de Revel, à « La Ferme de la Bouriette » chemin de la Belloc, allie le mode de communication d’aujourd’hui, à l’agriculture, pour sauver son exploitation. Après avoir été touché de plein fouet par les affres d’une tempête dévastatrice, il découvre qu’un arbre emporté par le vent, a causé de très importants dégâts.

Tout commence lorsque le jeune agriculteur de 26 ans, éleveur de veaux sous la mère, emblème de l’agriculture Lauragaise, reprend la ferme de son père en mars 2014, après un Bac Pro et 2 BTS. Il doit alors faire face à de lourdes charges, comme la mise aux normes des bâtiments et le rachat de l’exploitation, qui lui coûtent 280 000 euros. Mais le véritable drame survient en juillet 2014, avec les dégâts causés par une tempête de grêle

Son exploitation était dans une situation critique
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Trois mois après son installation, il subit de plein fouet les affres d’une tempête. Un arbre, emporté par le vent, vient détruire le toit de son hangar, tandis que la grêle ravage 80 % de ses récoltes de maïs et comme si ce n’était déjà pas assez, son troupeau de blondes d’Aquitaine se fait trop vieillissant, ce qui obligera Ludovic Marty à se séparer de sept de ses vaches, dès sa première année d’installation.  Peu ou pas de revenus, c’est le lot de beaucoup d’agriculteurs, à cela il faut ajouter les frais, bien souvent pas couverts, car pas assez de rentrées ni d’aides et il faut oublier les banques, puisque ces dernières, très fileuses, refusent de prêter d’avantage. Sans compter les caprices météorologiques, qui aggravent bien souvent la situation des agriculteurs, déjà en situation précaire et usés par la crise agricole du moment.

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Ludovic Marty lauréat du concours de « Veaux sous la mère » Puylaurens 2016 / Photo LM

« Je connaissais les aléas de ce métier. C’est une exploitation familiale, j’ai vu mes parents s’en occuper et je savais donc que ça allait être difficile de vivre de ce métier. Mais je me suis quand même lancé, car ce métier va au-delà d’un travail  pour moi, c’est une véritable passion. J’ai mis toutes mes économies dans le manque à gagner, suite à la tempête. Je parviens à peine à me dégager 50 ou 60 € par mois. J’ai toujours vécu à la campagne. J’aime la nature et j’aime le contact avec les animaux et en particulier les vaches.» Même si cela est difficile, je ne me vois pas faire autre chose, » confie le jeune agriculteur Ludovic.

Une collecte qui dépasse toute les espérances de Ludovic Marty

Déterminé à remettre sur pied l’exploitation familiale, hérité de son grand-père, le jeune éleveur, s’est décidé à faire appel à la générosité du grand public, en lançant une campagne de financement participatif en ligne, sur la plateforme « Miimosa ». Cette campagne de financement est pour ce passionné d’élevage, celle de la dernière chance. Pour que l’exploitation soit viable, le jeune agriculteur doit agrandir et renouveler son cheptel en agrandissant son troupeau d’environ 25 génisses ou vaches allaitantes, d’ici 2018. Un montant de 30 000 € lui est indispensable pour mener à bien son projet.

Gêné et conscient des temps difficiles pour tous, il décide donc de fixer le montant de sa cagnotte à 6 000 euros, mais c’était sans compter sur le bouche-à-oreille et surtout les réseaux sociaux, qui comme à chaque appel d’aide, mettent le rouage médiatique en marche. C’est ainsi qu’au 1er mars 2017, soit un mois après le début de cette campagne de parrainage, il dépasse les 15 000€ et les 200 parrains/marraines.

« Je ne m’attendais pas à un tel enthousiasme de la part des gens. Je suis surpris et ému de voir cet élan de générosité.  Je ne pensais même atteindre les 60 % de la somme. [participation en dessous de laquelle le financement n’aboutit pas et les participants sont remboursés, NDLR], révèle Ludovic Marty. Pourtant nous avons récolté plus du double ! »

Le jeune agriculteur de Revel, a instauré un système de remerciement assez atypique, en contrepartie de ces aides financières. Ainsi les généreux donateurs seront remerciés, avec des visites de l’exploitation, des paniers gourmands et même, à partir de 250 euros de don, le parrainage d’une vache et de son veau. Les parrains et marraines verront leur nom inscrit sur une pancarte à l’entrée de la ferme et recevront très régulièrement, des infos sur leurs filleuls/filleules, dont ils auront choisi le prénom. D’ailleurs pour la naissance une photo et un diplôme de naissance, seront remis aux parrains et marraines et chaque mois, les intéressés recevront des informations insolites sur l’élevage, ainsi qu’une invitation pour la « journée des parrains et marraines », où ils pourront déguster un repas à la ferme.

Une âme de mécène même dans la tourmente

La générosité on l’a ou pas, et force est de constater, que même dans la tourmente de cette tempête, qui lui rend les choses encore plus difficiles au niveau financier, Ludovic Marty, est un jeune homme au grand cœur. Ce qu’il reçoit, il le redistribue et le partage. En effet, après en avoir discuté avec ses parents, il a décidé de propager cet élan de générosité et de faire « d’une pierre deux coups », en rendant l’aide reçu, aux maraîchers de la région.

 » J’ai pensé que je pouvais aider les maraîchers du coin, en les sollicitant pour remplir les paniers garnis de produits locaux.  J’ai donc décidé de continuer la collecte car, plus il y aura de donateurs et plus les producteurs pourront se faire connaître  » explique l’agriculteur.

L’espoir renaît et les projets aussi

Si d’autres voient le verre à moitié plein, ce n’est pas le cas du jeune couple Marty. Désireux de partager cette passion de l’agriculture, Ludovic à pour projet de combiner son savoir-faire à celui de son épouse, enseignante, ce dans le but de créer une ferme pédagogique. Projet ambitieux et tout à fait dans les cordes de ce jeune couple dynamique et altruiste. Quant au surplus récolté, il servira à rembourser une partie des prêts bancaires et à nourrir les vaches, qui nécessitent plus de 800 euros par an/tête, sans compter les frais annexes, tel le vétérinaire, les vaccins obligatoires, les boucles et si il y assez, peut-être même agrandir son cheptel en achetant des animaux à des éleveurs locaux et ainsi, peut-être, pouvoir percevoir d’ici quelques années, l’équivalent d’un SMIC, même si le nombre d’heures, l’absence de congés ou de possibilité d’arrêt maladie ne pourront jamais être comblés financièrement.

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Comme le dit si bien Ludovic Marty, l’agriculture c’est une passion avant tout !

Caroline Lizée

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